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La chapelle de Lospars


Située non loin de la route de Châteaulin à Brasparts, la chapelle du village de Lospars est sous le patronage de saint Combert, saint inconnu des annales hagiographiques.

La première mention écrite que nous avons de la chapelle date de 1664. A cette date, la chapelle nécessitait de grosses réparations ce qui laisse supposer que sa construction était largement antérieure. Elle doit faire partie de ce grand nombre de chapelles qui furent construites au XVIe siècle.

Elle fut totalement reconstruite en 1699, M. Julien Bornic étant vicaire-perpétuel (recteur) de Châteaulin. Dans sa correspondance avec l’évêque de Cornouaille, Julien Bornic précise que cette chapelle éloignée d’une lieue de l’église paroissiale assure la messe les dimanches et jours de fêtes aux paroissiens du voisinage de la chapelle. Il ajoute aussi qu’on y vient pour la guérison des bestiaux. Dans les comptes de la chapelle, en 1703-1704, on note : « Reçu pour des bestiaux malades, 36 sols 3 deniers ».

A la révolution, la chapelle de Lospars devient un bien national. Le 23 octobre 1792, a lieu l’inventaire des biens de la chapelle. Les commissaires chargés de l’inventaire déclarent : « Y avons trouvé Guillaume Le Baut, fabrique, qui nous a fait l’ouverture de la dite chapelle et y avons inventorié ce qui suit : un bénitier de cuivre, deux chandeliers de cuivre, quatre bouquets de fausses fleurs, une petite boîte en bois avec un pupitre, une croix de cuivre, deux mauvais fanaux, un étui renfermant un calice et une patène d’argent, plusieurs bouts de bougie, quatre livres pour les messes et le chœur, deux autres, trois amicts, deux cordons, huit nappes d’autel, un surplis, trois purificatoires, une chasuble fond mêlé, trois corporaux, une chasuble fond gris, quatre devant d’autel, cinq petits pots à fleurs de faïence, trois morceaux d’étain, un petite burette de verre, une armoire, deux chandeliers de bois, une chaire à prêcher, une cloche, une chasuble cramoisi. » Tous ces ornements et habits liturgiques furent vendus à la criée à Châteaulin le 3 juillet 1794. La chapelle elle-même fut mise en vente mais ne trouva pas d’acquéreur.

De nouveau en ruines, en 1884, elle fut restaurée à l’initiative de monsieur Quéré curé de Châteaulin. Faute de finances suffisantes, le transept fut supprimé.

La dernière restauration eut lieu après la tempête de 1987.

 

Chaque année, le pardon a lieu de lundi de la Pentecôte.
Messe à 10h30, suivie de la bénédiction des animaux à 11h30. 

 

 

La cloche de Lospars

Restaurée en novembre 2013 par la société Alain Macé basée à La Plaine-Haute entre Quintin et Saint-Brieuc, la cloche de la chapelle de Lospars a été exposée, à son retour, à la mairie de Châteaulin avant de reprendre sa place dans le clocher de la chapelle. Haute de 37 cm et avec une ouverture de 40 cm, elle ne pèse que 40 kg. C’est surtout son âge qui en fait une cloche de grand intérêt. Dans sa partie haute, entre deux filets de mouluration, elle porte la date de 1639 qui nous reporte vers la fin du règne de Louis XIII et de Richelieu. Au-dessous de la date, un écusson surmontant une tête ailée porte les armoiries royales. Ce qui peut apparaître comme un décor sur une partie du bas de la cloche, semble plutôt cacher un nom, celui du fondeur ou d’un lieu ou d’un navire où servait la cloche ?

 

 

Cette cloche apparaît étrangère à la chapelle, elle ne porte pas de nom, n’y figurent pas les noms et prénoms du parrain et de la marraine comme on le voit sur la plupart des cloches conservées dans nos clochers. Si elle était d’origine, elle aurait porté les armoiries de la seigneurie de Trésiguidy et peut-être aussi celles du maître des lieux en 1639, René de Kerlec’h du Châtel. La Chapelle de Lospars s’élevait à l’époque sur les terres de cette seigneurie.

Nous savons par les archives municipales de Châteaulin que, suite au décret de la Convention en date du 20 juillet 1793, le conseil municipal de Châteaulin, présidé par le maire monsieur Delaroque (De La Roque de Trémaria), décide que : « les cloches des chapelles de cette commune seront descendues et qu’il n’en restera qu’une à l’église de la paroisse. En conséquence, autorise les fabriques des différentes chapelles, à les faire descendre et rendre à la Mairie commune, et ce, pour jeudi prochain au plus tard et sous leur responsabilité. » Devant le refus des fabriques de descendre les cloches, le conseil municipal arrête : « de requérir Guillaume Le Goff, couvreur de cette ville, de descendre les cloches des chapelles de Notre-Dame, de Saint-Jean, Saint-Combert et Kerluan, les fabriques ne l’ayant pas fait quoique requis de le faire par délibération du 3 novembre. » Le 28 janvier 1794 les cloches descendues furent charroyées jusqu’à Port-Launay et de là expédiées par l’Aulne maritime jusqu’à l’arsenal de Brest. Elles étaient fondues pour la fabrication de canons.

 

Guy Leclerc (novembre 2013)

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