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Du 5e au 14e siècle

Le prieuré Saint Idunet

La statue encastrée dans le mur du parking du presbytère est le seul témoignage que l’on trouve à Châteaulin du prieuré, qui dépendait de l’abbaye de Landévennec.

 

Elle représente un lion vu de profil et tenant entre les deux pattes avant un blason aux armes martelées. Une pierre est collée à cette statue et porte l’inscription suivante : M. LOLASULIEN PRIEUR : CHAULIN 1589. Cette statue se trouvait au sommet du pignon est de l’ancienne maison priorale.

 

Les origines du prieuré

Vers 485, saint Guénolé édifie son monastère, à l’embouchure de l’Aulne. Vers 500, alors qu’il remonte les rives du fleuve nommé Hamn jusqu’à la montagne appelée Nin, il rencontre un saint homme du nom de Idunet. Ce dernier lui fit don des terres qu’il avait reçu du roi Gradlon, à savoir « la trève de Dinan, la trève de Cuhin, Caer, Choc, Lan-lunctat, la moitié de Gumenech ». On ne sait rien d’autre sur Idunet, que l’église locale honore comme saint et représente couramment en diacre… Il était invoqué autrefois pour l’abondance de pommes, on lui donnait en offrandes des barriques de cidre. Il avait sa fontaine, dans laquelle on puisait l’eau pour arroser les pommiers qui ne fructifiaient pas…

 

La date de la fondation du prieur n’est pas connue, elle se situerait au 12ème siècle, dans un cadre de reconquête religieuse. Le rôle joué par les moines à cette époque sur la commune et ses environs demeure inconnu. Finalement, au 15ème siècle, les moines abandonnent les fonctions curiales au clergé séculier mais conservent les biens et les revenus attachés au prieuré.

 

Le dernier prieur de Châteaulin, Dom Pierre Lemoyne était également prieur de l’abbaye de Landévennec, qui à la fin du 18ème siècle ne compte plus que trois moines. La révolution de 1789 entraîna la disparition de cette dernière et du prieuré de Châteaulin. La maison priorale, devenue propriété de M. Bois, fut vendue à la commune en 1824 pour servir de presbytère.

 

Le Château

Peu de gens savent que Châteaulin fut dotée d’un château et pourtant, sur les hauteurs de la ville, près du parking de la maison de retraite, subsiste quelques ruines et notamment une tour.

 

La butte qu’enserraient l’Aulne et des étangs constituait un site de défense naturel. Pour se préserver des invasions et garder la voie de pénétration de la ville de l’Aulne, fut construit une motte, constituée d’une butte de terre entourée de fossés. Les Comtes de Cornouaille y construisirent un château fort au 10ème siècle, héritier de constructions plus modestes. Lorsque la famille comtale de Cornouaille hérite en 1066 de la couronne ducale, la châtellenie de Châteaulin entre dans le domaine ducal.

 

A la fin du 10ème siècle, pour favoriser la libération des serfs, les ducs de Bretagne avaient établi l’institution du « Convenant Franc au Duc » : le serf qui quittait son seigneur ne pouvait être poursuivi s’il se réfugiait à Châteaulin et y demeurait pendant un an et un jour sans en sortir. Ce système a favorisé le peuplement de la ville qui naissait autour du château fort.

 

En 1373, le château fut incendié par les Anglais avant leur départ devant l’avancée de l’armée royale de Du Guesclin. Il ne fut jamais reconstruit et ses ruines servirent de carrière pour la construction de maisons et même lors de l’agrandissement de la chapelle Notre-Dame.

 

En 1689, le château et sa motte furent donnés à Yves Bauguion, prêtre desservant de Notre-Dame pour y installer un hospice. Aujourd’hui, l’hospice a laissé la place à une maison de retraite.

 

Le parc au duc

 >>> pour en savoir plus sur le Parc au Duc

 

V ers 1250, Jean Le Roux, duc de Bretagne, entoure les terres du domaine ducal de Châteaulin d’un mur long de 32 kilomètres. On ne connaît pas la finalité première de cet important ouvrage. Certains historiens pensent que ce parc permettait de défendre les possessions ducales contre les prétentions des abbayes voisines.

Ce mur, dont il reste encore quelques tronçons, se composait d’un muret de pierres sèches de 2,30 mètres environ. Il partait du château fort de Châteaulin et englobait une partie des terres de Cast, de Briec, de Châteaulin et la totalité de la paroisse de Saint-Coulitz. A une époque indéterminée, le parc de Châteaulin est devenu une unité administrative dont Saint-Coulitz en fut le centre administratif. Au cours des siècles, ce mur n’a cessé d’intriguer les paysans de la région. Une légende naquit selon laquelle ce serait le diable qui l’aurait construit en une nuit. Ce mur devint le mur du diable ou « moguer an diaoul » en breton.

 

Le pont de Châteaulin

Jusqu’au 13ème siècle, on franchissait l’Aulne à gué. Il y avait plusieurs gués : à Rodaven, le gué Rodoe-aven (passage de la rivière) ; au bourg, Rodo-Los-Strat (passage du bas du chemin).

 

La construction du pont de Châteaulin daterait du 13ème siècle. D’une longueur de 217 pieds et d’une largeur de 14, le pont enjambait la rivière en dix arches d’inégales longueurs, grossièrement bâties en pierres schisteuses jointes à l’argile… Les voûtes trop basses s’engorgeaient en période de crue et provoquaient l’inondation des bas quartiers de la ville. Sur sa face amont, il y avait 7 éperons. Sur cinq d’entre-eux étaient construit des maisons. La chaussée du pont était pavée. Des parapets la bordaient de part et d’autre sauf au centre du côté amont. Le tout était habillé de lierres et de broussailles.

Il n’est pas certain que ce pont soit l’œuvre des moines de Landévennec, mais ce dont on est sûr, c’est que le prieur de Châteaulin en était propriétaire, ainsi que des habitations. Ce dernier percevait un droit de péage sur les animaux et les marchandises. La perception de ce droit devait servir en partie à l’entretien du pont, mais les prieurs successifs ignorèrent cette obligation…

 

Le pont habité de Châteaulin avant 1823 (simulation)

Finalement, le pont est partiellement détruit par une crue, le 25 décembre 1821. Monsieur Bois, riche propriétaire, le fait alors reconstruire à ses frais, mais à la condition qu’il soit concessionnaire du droit de péage pendant 7 ans. Le Conseil municipal n’est pas très enthousiaste, mais n’ayant pas d’autre solution accepte la proposition.

Le 1er janvier 1824, Monsieur Bois commence la perception de son droit de péage. Mais dès le 8 janvier, jour de foire, la foule proteste, c’est une véritable émeute populaire qui éclate. Le maire doit faire intervenir une compagnie de voltigeurs pour faire cesser les troubles… Finalement certains cultivateurs abandonnent les foires et marchés et les affaires commerciales de la ville tombent de moitié.

En juillet 1824, la population se révolte à nouveau… et le Maire décide d’en référer au Ministre. L’affaire fut prise en considération puisque l’Etat donna 60 000 francs pour désintéresser la famille Bois. La commune quant à elle paya le reste, c’était la fin de l’histoire du pont neuf.

En août 1944, le pont fut miné par les Allemands avant leur départ pour la Presqu’île de Crozon. C’est entre autre grâce à l’intervention d’Emile Bénéat et de Sébastien Duval que le pont et la ville furent sauvés. Avec l’aide de Châteaulinois, ils déminèrent le pont et jetèrent les mines dans le canal…

 

La pêcherie de saumons

Sur l’Aulne, à la hauteur de la poste actuelle, était installée une importante pêcherie de saumons. Il est arrivé que l’on prenne jusqu'à 4000 saumons dans l’année. Elle avait été donnée à la fin du 11ème siècle à l’abbaye de Landévennec par le Duc de Bretagne, Alain IV, dit Alain Fergent. Au 17ème siècle, elle appartenait au roi qui, avec les moulins, les avait afféagés pour la somme de 4 500 livres. Le saumon avait l’honneur de figurer sur le sceau de Châteaulin et l’on surnommait les Châteaulinois de Pen Eog, c’est à dire de têtes de saumons. La pêcherie fut détruite en 1816, lors du creusement du canal.

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