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Du 15e au 17e siècle

Châteaulin, siège d’une sénéchaussée royale

Ancienne barre ducale, Châteaulin devint après le rattachement du Duché au Royaume de France en 1532, le siège d'une sénéchaussée royale dont la juridiction s'étendait sur 27 paroisses. L'auditoire et la geôle se trouvaient à l'emplacement actuel du tribunal, rue de l'église. De nombreuses juridictions seigneuriales rendaient leur justice dans la salle basse de l'auditoire. L'activité judiciaire entraînait la présence de nombreux hommes de loi.

 

1675, révolte du papier timbré

C’est dans un contexte économique difficile que se déclenche en 1675, la révolte du Papier Timbré. La population est accablée par de nouveaux impôts. De 1664 à 1675, douze nouvelles taxes sont créées pour subvenir aux besoins de Louis XIV (1643-1715). Ce dernier a en effet lancé de grands travaux qu’il faut financer (chantier colossal dirigé par Le Vau puis Hardouin-Mansart au château de Versailles, création de somptueux jardins par Le Nôtre…). Les guerres contre l’Espagne ou la Hollande (1672 – 1679) nécessitent de mobiliser des fonds…

 

En 1673, un papier timbré est ainsi exigé pour tout « acte authentique et judiciaire », en 1674, le monopole d’Etat sur la vente du tabac ainsi qu’un droit de marque sur la vaisselle d’étain sont instaurés… Il n’y eut pas de protestations au début. Mais en avril 1675, un vent de révolte, né à Bordeaux, se propage rapidement à Nantes, puis à Rennes. Le mouvement gagne les campagnes de Basse Bretagne, Pontivy, Carhaix, Châteaulin, où les châteaux furent assiégés et pillés.

 

A Nantes, c’est Goulven Salaün, bas-breton des environs de Châteaulin qui donna le signal en sonnant le tocsin à l’horloge de la ville.

 

En Cornouaille, l’annonce de l’arrivée du marquis de La Coste, lieutenant du roi, que l'on dit chargé d’instaurer la gabelle (impôt sur le sel), fait l’effet d’une provocation.

Ainsi, le matin du 9 juin 1675, le tocsin sonne à Châteaulin et dans plus de trente paroisses des environs. La révolte était née et allait durer plus de 3 mois.

 

Le matin du 9 juin, la foule se rassemble sur la place aux bleds de Châteaulin. Le sénéchal de Châteaulin, M. de Tréouret a du mal à calmer les esprits, lorsqu’un grand silence s’établit. Le marquis de La Coste, arrive par la Grand Rue, avec sa suite. Apostrophé violemment par un sergent, qui semble être à la tête du mouvement, le lieutenant du roi pour la Basse-Bretagne, lui passe son épée à travers le corps. La population exacerbée tire plusieurs coups de feu. Le Marquis de La Coste, surnommé "Le Grand Gabeleur », blessé à l’épaule, se réfugie dans une maison proche. Assiégé, il se résout à capituler et promet la révocation des dits édits.

 

On ne sait pas exactement le nombre de paysans mobilisés lors de cette révolte, d’après une lettre du Duc de Chaulnes, cinq ou six cent des plus mutinés veulent rompre les ponts pour empêcher qu’on aille à eux…

 

Le même jour, des révoltés se portent de Briec à Edern où ils assiègent le manoir de la Boixière.

 

Charles d'Albert  d'Ailly (1625 - 1698), duc de Chaulnes,

Gouverneur du Roi en Bretagne pendant la Révolte des Bonnets Rouges

 

Cette révolte fut l’une des plus sanglantes de l’histoire de la Bretagne. Mais les villes se désolidarisèrent du mouvement paysan, ce sera l’une des faiblesses de la Révolte du Papier Timbré, également appelée Révolte des Bonnets Rouges en référence à la couleur des bonnets que portaient certains paysans…

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